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Le mage dans les séries fantasy à destination des adolescents : de l’érudit au guerrier

Résumé

Archétype central des fictions de fantasy, le magicien a endossé plusieurs personnalités depuis son origine antique. Si la figure de Merlin est systématiquement convoquée au sein des productions audiovisuelles, le personnage a fortement changé depuis l’essor des oeuvres de fantasy sur grand et petit écran. L’accentuation de l’épique dans les productions à destination des adolescents a peu peu transformé le mage savant à la barbe blanche en mage guerrier.

Biographie

Marie Barraillier est présidente de la société de production Anell Médias, directrice d’écriture pour le dessin animé et autrice jeunesse. En 2021, diplômée de l’Université d’Artois avec un Master « Littérature de jeunesse et d’enfance », elle publie son premier article de recherche en 2020 suite au colloque « Sorcières, êtes-vous là ? » organisé par Mix-Cité (Orléans). Elle propose également des ateliers en bibliothèques, médiathèques et écoles dans lesquels elle cherche à valoriser l’imagination des enfants.

L’enchanteur Merlin lisant des livres, illustration de Gustave Doré pour l’Orlando Furioso de Ludovico Ariosto, 1888

Le mage dans les séries fantasy à destination des adolescents : de l’érudit au guerrier

Personnage issu de la tradition des contes, le magicien est une figure centrale dans les productions littéraires, et ce depuis le Moyen Âge où il est déjà présent dans chansons de geste (par exemple le magicien Maugis dans La Chanson des quatre fils Aymon au XVe siècle). Au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux médiums artistiques, le magicien jaillit sur le grand puis petit écran, dans les jeux de société puis les jeux vidéo. Si l’imaginaire collectif assimile le magicien à la figure de Merlin, du fait du mythe Arthurien, il n’a pas toujours été ce personnage capable de tours merveilleux. Chez les Perses, le mage désignait les prêtres, érudits spécialistes entre autres de l’astrologie et de la divination1.

De Dumbledore2 en passant par les magiciens de Lev Grossman3 ou le Docteur Strange du studio Marvel4, le magicien s’est transformé au fil du temps, revêtant de nouvelles formes et pratiquant une magie plus complexe. Cette évolution est apparue du fait de l’explosion de la fantasy et de la littérature jeunesse, mais aussi du fort développement des séries télévisées. 

Dans cet article, nous nous intéresserons particulièrement aux productions sérielles de fantasy à destination des adolescents dans lesquelles le mage, érudit aux connaissances magiques, s’est petit à petit transformé en mage guerrier, associant ainsi son image à celle du combattant et s’impliquant directement aux côtés des héros. Pour souligner cette évolution, nous avons choisi trois séries représentatives des productions adolescentes pour la télévision. 

Le premier programme étudié est le Merlin5  de la BBC. Il s’agit d’une série devenue culte qui va notamment relancer le fantastique sur petits écrans : au même moment sont diffusées Robin des Bois6, Legend of the Seeker7 ou encore Being human8. Nous nous focaliserons ici sur les personnages de Gaïus et Kilgharrah le dragon.

La seconde œuvre présentée est Once upon a time9. La série s’inscrit au cœur d’un autre phénomène de l’époque : la réécriture des contes de fées10. L’ensemble des médiums culturels sont touchés, de l’industrie du comic books, avec par exemple la série Fables11 de Willingham, le cinéma (Blanche-Neige et le Chasseur12) et enfin la télévision. Fortement influencé par la fantasy, le conte à l’écran revêt un aspect plus épique13 et plus sombre. Nous analyserons le personnage de Tracassin et son rôle de trickster qui souligne cette nouvelle touche de noirceur ajouté au personnage du magicien. 

Enfin, Les Chroniques de Shannara14, adaptée des ouvrages de Terry Brooks, est la dernière série étudiée. Elle suit la vague Game of Thrones en proposant un univers radicalement plus sombre que les deux précédentes, et c’est à travers le personnage du druide Allanon que nous montrerons cette étape finale de la transformation du mage. 

À travers l’analyse de ces trois œuvres, nous verrons comment le personnage du « wise old man » s’est transformé en guerrier aux pouvoirs magiques, quelles sont ses nouvelles caractéristiques et quels changements scénaristiques et visuels implique cette évolution. Notre propos s’articulera en deux temps. Nous examinerons d’abord l’archétype du mentor, de ses origines à la littérature de fantasy, souvent incarné par le personnage du magicien15. Puis nous comparerons les trois productions choisies, en soulignant l’influence de leurs diffuseurs respectifs sur les choix éditoriaux de la représentation du mage – rappellons que la BBC appartient au service public, qu’ABC est une chaîne détenue par le groupe Disney et que MTV s’adresse aux jeunes adultes, ce depuis sa création.

Le magicien à la barbe blanche : l’archétype du mentor 

L’archétype du mentor

Dans La morphologie du conte16, Vladimir Propp constate que des motifs et des modèles sont récurrents au sein de nombreux contes. Ces motifs répétés, ou topos17, sont théorisés par le mythologue Joseph Campbell dans son livre Le Héros aux mille et un visage18. Campbell y convoque la figure du mentor qui, dans le cadre de la littérature de jeunesse (Le Château de Hurle 19, Harry Potter2) et de fantasy (Le Seigneur des Anneaux20, Le cycle de Terremer21) est souvent associé au magicien. 

Ce magicien conseiller prend ses racines dans le personnage de Mentor, issu de L’Odyssée22 d’Homer : plus fidèle ami d’Ulysse, le héros lui confie le soin de veiller sur sa maison et sur son fils lorsqu’il part pour Troie. Le mot passera ensuite dans le langage courant en 1699 lorsque Fénelon écrit Les Aventures de Télémaque, considéré comme le premier texte de littérature de jeunesse23, dans lequel Mentor est un personnage à la fois bienveillant et exigeant, un maître à penser dont l’objectif est d’élever intellectuellement l’enfant pour qu’il se réalise. Tel un enseignant24, il a alors pour objectif de faire grandir son disciple pour qu’à son tour il obtienne savoirs, valeurs et compétences. En latin, le terme magister signifie enseignant dans le sens de  celui qui transmet le savoir. Il préfigure ainsi les mots « mage » et « magicien », qui désigne celui qui détient, non plus un savoir scolaire et institutionnel, mais  un savoir magique. La frontière est donc floue entre enseignement scolaire et transmission de connaissances surnaturelles.  

Du mentor au magicien

Le personnage du mentor s’incarne dans la figure du « wise old man » décrit comme un archétype narratif par Joseph Campbell25. Il est à la fois sage, savant et parfois détenteur d’un pouvoir surnaturel (souvent lié à la figure de Merlin). Le sage n’est pas toujours magicien et le magicien en tant qu’archétype n’est pas toujours un praticien de la magie : sous ce terme se rencontrent aussi les figures de l’alchimiste, du savant, ou encore du prophète26 – tout comme pour le personnage de Merlin à l’origine, dont les pouvoirs magiques vont timidement se développer au XIIIe siècle27. Quant au sorcier, il est celui qui agit sur le destin (sors en latin). En cela, le mentor sorcier ou mage représente donc celui qui va agir sur le destin du jeune héros, grâce à l’utilisation de pouvoirs et/ou de connaissances magiques. Comme nous le verrons dans l’analyse de notre corpus, le mentor est celui qui connaît le héros plus que ce dernier ne se connaît lui-même. Il lui apporte les outils pour comprendre qui il est et d’où il vient, informations souvent cachées au protagoniste à qui il manque des pièces du puzzle. Ces informations, le mentor les conserve secrètes jusqu’à ce que le héros ait passé certaines étapes de son initiation et soit capable de les comprendre : c’est ce que fait par exemple Dumbledore avec Harry en lui cachant ses plans avec Rogue, ou encore Gandalf qui ne dévoile pas à Bilbo le véritable objectif de la quête des Nains ou le pouvoir de l’Anneau. 

À l’origine, le mentor ne prend pas part au combat même s’il peut donner des conseils militaires28 : il est présent pour accompagner le héros dans sa quête, le soutenir, le faire advenir en tant que héros (il finit souvent par disparaître ou mourir) et ce par exemple en lui octroyant un objet magique (épée, amulette…)29. Il lui transmet aussi ses connaissances acquises par des années d’expérience qu’elles soient magiques, scientifiques ou géographiques30, se confondant donc avec un professeur. Le mentor est toujours plus âgé que le héros, représentant ainsi une figure paternelle et d’autorité. On pense par exemple à Dumbledore et Gandalf28 ou encore Iorek Byrnison dans la saga de Pullman À la croisée des mondes31 (le personnage est d’ailleurs doublé par Ian McKellen alias Gandalf dans le film éponyme de 200732). Il est intéressant de noter qu’à chaque fois, ce magicien remplace métaphoriquement le père du héros : Dumbledore et Harry Potter, Gandalf et Frodo, Merlin et Arthur. C’est aussi le cas dans notre corpus et particulièrement dans Les Chroniques de Shannara où la figure du père défunt de Wil surgit régulièrement jusqu’à ce que le jeune homme modifie son regard sur Allanon, l’acceptant comme son mentor et faisant ainsi le deuil de son père. C’est ce que souligne le disciple de Campbell, Christopher Vogler, écrivain et script doctor pour Hollywood, dans son analyse du personnage du mentor33.

Selon Georges Dumézil34, les peuples indo-européens avaient en commun l’organisation tripartite de la société en trois fonctions correspondant aux domaines religieux, guerrier et économique. La fonction sacerdotale appartient ainsi au druide celte, au brahmane hindou ou encore au shaman mongole relié à la magie, la justice et la lumière symbolisées alors par le blanc35 ; couleur qui sera reprise comme archétype du sage à la barbe blanche. Le sage mentor, qu’il soit druide et/ou magicien, est en lien direct avec le sacré et la magie, mais aussi avec le savoir, l’instruction, la botanique et la médecine.

Le personnage du sage/mentor est constamment présent en bande dessinée (Panoramix36, le Grand Schtroumpf37), en fantasy (Dumbledore, Gandalf, l’Épouvanteur38, Elminster dans le jeu de rôle Donjons & Dragons, mais aussi dans la série littéraire39 qui le met en avant), dans toute la pop culture (Professeur Xavier40, Yoda41), et évidemment à l’écran où les représentations des personnages à l’écrit sont reprises voire exacerbées en convoquant particulièrement l’iconographie de la fin du XIXe. En effet, en 1868, Gustave Doré illustre le poème Vivien d’Alfred Tennyson dans lequel Merlin est représenté comme un vieil homme érudit à la barbe blanche. En 1903, Howard Pyle écrit Le Roi Arthur et ses Chevaliers dans lequel il reprend cette imagerie. Les deux auteurs figent ainsi l’esthétique visuelle de Merlin qui s’étendra ensuite à tous les personnages de magiciens. 

DoréGustave, Merlin, reclus au cœur de la forêt, est visité par le roi Arthur [gravure], Paris, Bibliothèque Nationale de France, 1868.
Pyle Howard, Illustration tirée de The Story of King Arthur and his Knights [gravure sur bois], 1903.

Une fois figé sur papier, le mage à la barbe blanche apparaît logiquement sur d’autres médiums et en premier lieu à l’écran. À quoi ressemble-t-il alors ? La majorité des productions audiovisuelles ne choisit pas d’affubler son personnage magique de caractéristiques guerrières. C’est pourtant le choix qui a été fait dans les séries de notre corpus, dans lesquelles le mage possède de plus en plus d’attributs guerriers, endossant ainsi une conception épique du personnage.

Du mage érudit au mage guerrier

MERLIN : le mage traditionnel

Voici le pitch de la série Merlin : Dans la mythique cité de Camelot, le jeune Merlin rentre comme apprenti auprès de Gaius, le médecin d’Uther Pendragon puis comme serviteur d’Arthur. Découvrant au fur et à mesure l’étendue de ses pouvoirs, il déjoue complots et tentatives d’assassinats dans une ville où la magie a été bannie par le Roi. Mais si Merlin est obligé de cacher ses pouvoirs, un incroyable destin l’attend auprès du futur roi Arthur… 

La BBC est une chaîne publique qui a pour objectif la valorisation du patrimoine britannique : autrement dit, elle vise à donner accès à la culture sous toutes ses formes et par là à toutes les formes de savoir. Destinée à un public familial, la série présente une histoire typique de passage à l’âge adulte en mettant en avant la complexité des relations familiales, amicales, amoureuses et sociales42. Merlin est une série de fantasy médiévalisante43 où la magie tient une place importante, et dans laquelle la comédie n’est pas non plus absente (exceptée dans la dernière saison). 

La série propose une particularité quant à la caractérisation du personnage de Merlin. Incarnant habituellement la figure du mentor, il est ici un jeune adulte qui ne maîtrise absolument pas ses pouvoirs et n’est pas conscient du destin qui pèse sur ses épaules : Merlin est le héros en devenir alors même qu’il est habituellement celui qui aide le héros à devenir quelqu’un. Il prend cependant l’aspect du vieillard à la barbe blanche que l’on connaît dans certains épisodes. Si cette métamorphose est justifiée au sein de l’intrigue, elle a aussi pour but de satisfaire les téléspectateurs en répondant ainsi à leur horizon d’attente quant à l’apparence du personnage.  À l’opposé du traitement habituel du personnage, Merlin est au même niveau qu’Arthur et c’est ensemble qu’ils s’élèvent au rang de héros44. Pour atteindre un niveau en magie dépassant les simples sortilèges amusants, Merlin est aidé non pas par un mentor, mais par deux qui ont chacun une fonction différente au sein de l’intrigue, partageant leurs connaissances entre savoir et magie. 

Le premier mentor est Gaïus, physicien et médecin de cour, mais aussi conseiller du roi Uther Pendragon (comme l’est également le personnage d’Allanon dans Les Chroniques de Shannara). Reprenant à son compte la figure du mentor âgé et sage, il est ainsi immédiatement rapproché du druide et de l’iconographie traditionnelle de Merlin. Merlin est envoyé par sa mère auprès de Gaïus pour qu’il devienne le protecteur de sa magie naissante dont il ne maîtrise absolument aucun aspect. Gaïus empêche par exemple Merlin d’utiliser ses pouvoirs pour guérir les victimes de la peste de Nimueh45 en s’appuyant sur la science pour trouver un remède, non pas pour nier l’importance de la magie, mais pour protéger Merlin. Il utilise les mots « patience » et « contrôle » qui viennent appuyer son rôle de mentor. Merlin est à la fois réfréné par Gaïus pour sa propre protection et encouragé par le vieux médecin qui sait le potentiel du jeune homme46. Gaïus détient un savoir plus fort encore que la magie : la connaissance du passé et celle du futur. Il a été témoin de la violente répression des magiciens par Uther, mais connaît aussi (grâce à Kilgharrah) le potentiel de Merlin qui pourrait faire revenir la magie dans le royaume. Cette érudition, privilège de son âge, surpasse dans un premier temps les pouvoirs de Merlin ; le personnage étant alors présenté comme un magicien maladroit et impertinent. 

Dans le premier épisode47, Merlin découvre le bureau de Gaïus qui ressemble davantage à un espace d’alchimiste que de médecin avec des livres éparpillés au sol, des potions qui bouillonnent, un alambic… Dans l’épisode 648, une table alchimique fait d’ailleurs son apparition en écho au bureau de Gaïus. À la fin du premier épisode, Gaïus offre à Merlin un grimoire magique et l’on constate dans l’épisode 449 que le médecin possède quelques pouvoirs. 

Gaïus est le parfait exemple d’un personnage qui tient son savoir aussi bien de la science (on le voit fabriquer des potions, ramasser des herbes médicinales, créer des cataplasmes) que de la magie (il reconnaît les créatures fantastiques et sait comment y faire face). Il incarne en cela la position religieuse de la société tripartite traditionnelle celtique50 dans laquelle les prêtres étaient aussi médecins et professeurs, astrologues et devins. Gaïus représente la figure du professeur. Mentor bienveillant, il pousse Merlin à utiliser ses capacités à bon escient. Il le félicite, l’encourage, et lorsque le jeune homme commet des erreurs – même graves – il le couvre. 

Le second mentor de la série est Kilgharrah le dragon. Pour Merlin, il s’agit cette fois d’un mentor magique qui représente le second aspect de la figure du guide. Kilgharrah fait directement écho à Merlin puisque la magie étant bannie par le roi, il est prisonnier dans une caverne sous le château, tout comme la magie du jeune Merlin qui ne peut s’exprimer à la vue de tous. Si Gaïus est très rationnel, Kilgarrah parle en énigmes au jeune mage et fait comprendre à Merlin qu’il doit apprendre par lui-même. Il représente ainsi une autre facette du mentor qui laisse le soin au jeune héros en devenir de choisir le bon chemin ; un aspect que l’on retrouvera également chez Allanon dans Les Chroniques de Shannara. 

Le dragon est aussi plus ambigu que Gaïus et notamment dès le premier épisode de la saison 251, car lorsque Merlin lui demande de l’aide pour vaincre le sorcier Cornelius Sigan, le dragon exige une récompense en échange, à savoir la promesse d’être libéré de ses chaînes, ce que Merlin fera dans le dernier épisode de la saison52, déchaînant ainsi la vengeance de son mentor magique. 

Le détournement de la figure traditionnelle de Merlin en tant que mentor est un des aspects les plus intéressants de la série. Jusque dans la dernière saison, Merlin ne devient jamais le mentor d’Arthur et Kilgharrah l’accompagne jusqu’au bout  : c’est lui qui lui explique la prophétie concernant Arthur. Ainsi Merlin n’a pas fini son apprentissage et cette présence finale du mentor montre donc que le jeune téléspectateur a encore des choses à apprendre. Il faut y voir ici un choix directement lié à la chaîne qui s’adresse plutôt à un public familial. 

Merlin est la série du corpus qui équilibre le plus science et magie, notamment car elle est une production de la BBC. En effet, parce que le diffuseur appartient au service public britannique, les savoirs livresque et médical se doivent d’être présentés comme des ressources scientifiques et intellectuelles sérieuses53, tout en mettant en avant l’aspect ludique et merveilleux de la magie. Cette donnée est particulièrement appuyée dans l’épisode 6 de la première saison dans lequel Merlin dit à Edwin – le guérisseur et sorcier venu se venger d’Uther qui a brûlé ses parents sur un bûcher – que « la science, c’est la connaissance54 » ce à quoi le sorcier répond « qu’elle a la réponse à tout55 ». En choisissant de présenter un Merlin plus jeune, qui n’a pas encore la pleine puissance et maîtrise de ses pouvoirs – tout comme les jeunes téléspectateurs à qui s’adressent le programme – la BBC a ainsi la capacité de montrer les deux facettes du personnage du mentor, équilibrant savoir scolaire et savoir magique.  

Dans la série suivante, le mage présente un tout autre aspect que celui du mentor ; celui que Vogler appelle « le Mentor noir » dont le but est de bloquer la quête du héros56. À l’inverse de Gaïus ou Kilgharrah, Tracassin  revêt déjà certains attributs guerriers. 

ONCE UPON A TIME : le mage trickster57

La série Once upon a time a été diffusée sur ABC entre 2011 et 2018. Grâce à sa forte audience aux États-Unis comme en France, elle est devenue un phénomène télévisé et un spin-off a même vu le jour entre 2013 et 2014 : Once upon a time in Wonderland. 

Au Pays des Contes, la Méchante Reine lance une malédiction au mariage de Blanche-Neige et du prince Charmant qui privera chacun de sa fin heureuse. Inquiets, les jeunes mariés craignent pour leur enfant à venir. Le prince réussit à envoyer leur fille Emma dans un endroit sûr tandis que tous les habitants du royaume se retrouvent dans un monde sans magie : notre monde, sans souvenirs de leurs anciennes vies. À Boston, Emma Swan reçoit la visite du jeune Henry, qui lui déclare être son fils biologique. Il lui demande de le suivre dans la petite ville de Storybrooke qui abriterait tous les personnages de contes de fées. Emma va être entraînée dans la plus étrange et merveilleuse des aventures. 

ABC est une chaîne qui appartient au groupe Walt Disney et dont la cible est familiale. Comme dans la série de la BBC, la comédie reste en filigrane de l’intrigue et le genre est légèrement différent puisque c’est le merveilleux qui est ici mis en avant en s’appuyant sur des références intertextuelles aux contes de fées occidentaux et orientaux. 

Dans la série, le personnage de Tracassin est lié à un autre archétype du mage, celui du fripon ou du farceur que Claude Levi-Strauss a analysé dans son ouvrage Anthropologie structurale58. A l’inverse du mage mentor, il est celui qui trahit et trompe les autres, jouant souvent un double-jeu. Mesquin, doué de beaucoup d’autodérision et souvent adepte de l’humour noir, cet archétype est notamment connu grâce au personnage de Loki dans la série de films Thor des studios Marvel. Pour Once upon a time, les producteurs vont aussi utiliser le succès de la franchise Descendants sur Disney Channel (quatre films et quatre séries) qui met en avant les aventures des descendants de tous les Vilains disneyens. Le personnage du vilain est central dans les productions du studio depuis le premier long-métrage de Walt Disney59. 

Au fil des épisodes, Tracassin revêt plusieurs visages, ce qui permet à la fois de le personnifier clairement comme le mage fripon et de présenter une sorte de catalogue des vilains de la firme dans un rappel nostalgique des personnages issus des long-métrages animés : il est la Bête, Le Crocodile, etc. La succession de personnages qu’il incarne passe également par une modification de son costume : il est dandy, paysan, châtelain, monstre jusqu’au Ténébreux60, mage noir dont l’âme est contrôlée par une dague magique. Cela permet à ce personnage de mage fripon au caractère loufoque d’embrasser les différentes facettes du mage qu’on a précédemment vues tout en changeant régulièrement de rôle : d’antagoniste, il peut devenir allié puis protagoniste – notamment quand on découvre qu’il devient le Ténébreux pour éviter à son fils Baelfire d’être enrôlé pour la Guerre des Ogres27 – puis neutre et antagoniste à nouveau. 

Dans le monde réel, Tracassin est Mr Gold, prêteur sur gage et tenancier d’une boutique d’antiquités dans laquelle il collectionne les reliques du pays des contes dont il connaît chaque histoire. Il a ainsi la capacité de transmettre ses connaissances merveilleuses à Emma et/ou Henry et opère en cela comme un garant de la mémoire collective des habitants du pays des Contes. Il possède donc la même fonction que le druide traditionnel, responsable des connaissances ancestrales d’une communauté. 

Quand il est le Ténébreux, Tracassin se transforme en mage maléfique dont le savoir magique est enfermé dans une dague sur laquelle est gravée son nom. La traditionnelle baguette magique est donc ici remplacée par une arme qui, rappelons-le, doit être utilisée pour assassiner le Ténébreux et libérer ainsi ses pouvoirs61. La dague est un morceau de l’épée Excalibur, forgée par Merlin lui-même, reliant ainsi tout l’univers des contes de fées à la mythologie arthurienne. Cet historique donne ainsi une légitimité au personnage ambigu qu’est Tracassin. 

Enfin, il est intéressant de noter que le mage revêt ici un nouveau visage, celui d’un père (et d’un grand-père) aimant qui, malgré ses actes répréhensibles et ses trahisons, est prêt à tout pour protéger son fils et ce même lorsque ce dernier est adulte62. Cela fait aussi partie de la stratégie de Disney de valoriser les vilains en complexifiant leur personnalité63, que ce soit dans leurs productions cinématographiques (Maléfique64 par exemple) ou livresques (la saga Disney Villains65). C’est donc dans cette optique que Tracassin a été conçu, à la fois comme un mage farceur et le protecteur bienveillant d’une communauté magique. 

Si le personnage de Tracassin dans Once upon a time garde un aspect magique, c’est beaucoup moins le cas dans la série étudiée ci-après puisque le druide Allanon s’émancipe de la figure traditionnelle du magicien pour se rapprocher d’un personnage protéiforme aux compétences variées.    

LES CHRONIQUES DE SHANNARA : le mage guerrier

Les Chroniques de Shannara est une série diffusée entre 2016 et 2017 d’abord sur Spike puis sur Netflix, qui adapte les premiers tomes de la très longue saga littéraire de Terry Brooks66 : Des milliers d’années après l’extinction de la civilisation que nous connaissons, les Quatre Terres sont menacées par la mort imminente de l’arbre protecteur, l’Ellcrys, qui renferme des démons emprisonnés dans ses feuilles il y a des centaines d’années. La princesse Amberle, le demi-elfe Wil et la mercenaire Eretria commencent alors une quête contre les forces du mal, guidés dans leur combat par le druide Allanon. 

À l’opposé des deux séries précédentes, Les Chroniques de Shannara a été produite par MTV, une chaîne destinée aux adolescents et jeunes adultes. L’esthétique de la série s’inspire de Game of Thrones67 tout en convoquant particulièrement l’imaginaire de Peter Jackson par le choix du tournage en Nouvelle-Zélande La série convoque également les codes de l’horreur et du post-apo, mais l’intertextualité va plus loin encore à travers le choix de certains acteurs : John Rhys-Davies – Gimli dans les films de Peter Jackson – est le roi des Elfes et Manu Bennett – le gladiateur Crixus dans la série Spartacus68 – joue ici le personnage qui nous intéresse : Allanon. Le choix de cet acteur néo-zélandais pour incarner le druide n’est pas anodin : il est également Azog dans la trilogie du Hobbit69, mais aussi Deathstroke dans la série de CW Arrow70 (2012 puis 2017), incarnant dans chacun de ces exemples un puissant combattant. 

Dans le premier épisode, le druide est présenté immédiatement comme un magicien, la caméra insistant d’abord sur l’utilisation de ses pouvoirs magiques à travers des mouvements de mains71, puis comme ancien conseiller du roi des elfes, et surtout comme un guerrier notamment via son apparence qui dénote par rapport au costume traditionnel du mage mentor. Ici, le druide porte cape noire, brassards de guerrier et, remplaçant le traditionnel bâton de magicien, une épée rétractable pend à sa ceinture, rappelant la Croix de Combat dans le jeu Castlevania72. 

Allanon est un mage plus jeune que ceux des deux séries précédentes ; pourtant, il a plus de 300 ans. L’évolution physique du personnage est aussi liée à la cible du programme qui vise non plus les adolescents et leur famille, mais plutôt les adolescents et leurs amis avec un stéréotype physique du guerrier musclé (on pense par exemple à la série Vikings73 ou encore au dernier Conan74 mettant en scène l’acteur Jason Momoa). De plus, le personnage d’Allanon est immédiatement montré comme marqué par une certaine violence physique avec des runes gravées à même la chair de son crâne, ce qui le rapproche du guerrier endurci, « sans peur et abhorrant la ruse – indigne –, violent par nécessité et d’une virilité ostentatoire75 », prouvant ainsi son courage et sa force au combat. Pourtant, le druide est parfois assez semblable à Gandalf dans sa représentation : il est lui aussi proche des Elfes et de la nature, mage émérite et guerrier affûté, il a connu un certain nombre d’Âges comme son homologue tolkienien. Si certains traits de sa personnalité sont similaires, il s’en éloigne physiquement pour plaire notamment à un public féminin ciblé par MTV. 

Dans le second épisode76, Allanon se rend auprès de Wil, le héros en devenir, pour lui annoncer qu’il est celui qui va sauver le monde : la première étape est une initiation magique qui doit permettre au héros de comprendre le fonctionnement d’un monde qu’il pense simple. À son jeune apprenti, il montre d’abord l’étendue de ses pouvoirs pour libérer le Codex des Druides à la forteresse de Paranor et sa capacité à déchiffrer le langage des anciens. Pris d’une vision, il entre en interaction avec le Dagda Mor (un druide noir jusqu’alors emprisonné grâce à l’Ellcrys) par télépathie et on nous révèle alors qu’il est doté d’une nouvelle capacité : celle de parler le langage des démons, rappelant immédiatement le noir parler des Orcs.  

Dans le troisième épisode77, Allanon se bat contre un démon et est grièvement blessé : on insiste sur cette blessure particulièrement sanglante pour montrer le côté valeureux et brave du druide. Dans le même épisode, un autre aspect du personnage est exposé : ses capacités à guérir, rappelant ainsi à nouveau la figure complexe du druide d’autant plus que la séquence se déroule dans une clairière, espace sacré appelé nemeton chez les Gaulois, reliant ainsi le mage à l’espace forestier où la pratique magique avait couramment lieu. L’apparition du personnage de Bandon (un jeune devin en devenir) dans ce même épisode présage d’un autre aspect d’Allanon : celui d’enseignant, de mentor pour l’un des siens (convoquant ainsi à nouveau la figure de Merlin).

Au tout début du quatrième épisode78, une nouvelle capacité s’ajoute : le don de visions ; Allanon est donc capable de prédire l’avenir. Au Moyen Âge, le médecin soigne, mais dresse aussi le thème astral du patient, car on attend de lui qu’il puisse prophétiser sa mort. En touchant l’arbre sacré l’Ellcrys, Allanon déclenche des visions du futur qui lui permette d’anticiper les événements et de transmettre ces informations au roi des elfes. Dans l’épisode 7 de la saison 2, c’est par le rêve que le druide transmet son savoir à sa nouvelle apprentie.

Dans l’épisode 779, on voit pour la première fois Allanon utiliser un savoir druidique ancien qui lui permet de guérir d’une blessure qui aurait dû lui être fatale. Son savoir magique, acquis grâce à son prédécesseur Bremen (qu’il appelle d’ailleurs son mentor), lui a donc permis d’atteindre cet âge avancé. Toutefois, il n’arrive pas à se soigner complètement. Il faut attendre l’apparition de son mentor – le physique du personnage renouant alors avec l’iconographique traditionnelle du mage/druide – pour que la blessure d’Allanon se referme, mais aussi pour qu’il mûrisse encore et devienne ainsi un druide accompli. En le guérissant, Bremen lui laisse un nouvel objet, un bâton, le reliant définitivement aux précédents wise old men (Merlin ou Gandalf) malgré un costume différent puisqu’il garde son aspect de combattant. Ainsi, la séquence nous dit clairement que derrière chaque sage s’en cache un autre plus érudit encore et que le savoir n’est jamais vraiment acquis : il s’agit là évidemment d’un message directement adressé à la cible de la série. 

Enfin, dans les deux derniers épisodes de la première saison, Allanon mène le combat face à l’armée de démons et c’est lui qui va décapiter le Dagda Mor. Les deux derniers épisodes de la seconde et dernière saison80 se terminent également sur un combat dans lequel Allanon fait face au Roi Sorcier. Le savoir guerrier du druide permet tout autant de protéger les autres que ses connaissances magiques et il est intéressant de pointer que les fins de saison se terminent sur ce personnage en particulier et pas sur le héros de l’intrigue. Ce choix peut être analysé en partie à cause du genre de la série, à savoir de la dark fantasy, dans laquelle la notion d’épique tient une place importante et ce depuis l’essor du genre au cinéma et à la télévision81.

Le personnage d’Allanon dans la série Les Chroniques de Shannara est donc un parfait mélange entre toutes les facettes possibles du mentor/mage/sage que l’on a rencontrées depuis le début de cet article, et ce alors même que l’aspect physique très guerrier du personnage semblerait l’éloigner des figures traditionnelles.

Conclusion

Le mage est passé du mentor érudit issu des mythes et légendes (particulièrement du folklore celtique en s’appuyant longtemps sur la figure de Merlin) au mage guerrier pourvoyeur d’un savoir magique pour élever le protagoniste au rang de héros. Là où le Merlin de la série de la BBC accepte la présence de son mentor jusqu’au bout, huit ans plus tard, Allanon, dans la série signée MTV, sacrifie des parts de lui-même (intérieurement, mais aussi physiquement) pour aider le héros dans sa quête. Cette évolution du personnage est en partie due à la différence du pays producteur où la notion de sacrifice à la nation et au bien commun fait partie des valeurs fondamentales de la culture nord-américaine là où les Britanniques sont plus fortement attachés à l’image de leurs héros historiques et particulièrement leurs reines et rois. Merlin baigne dans une atmosphère merveilleuse et folklorique alors que Les Chroniques de Shannara se pare d’un ton post-apocalyptique. Entre les deux séries, Once upon a time, à travers le personnage de Tracassin, dessine un pont entre deux représentations opposées et joue avec cette image en modifiant constamment l’apparence du mage rejoignant aussi la double esthétique de la série : à la fois comédie basée sur les contes de fées et (parfois) dark fantasy. Tracassin est corrompu par la magie lorsqu’il prend l’apparence du Ténébreux ou du Crocodile, mais peut aussi l’utiliser pour faire le bien, d’où la dualité du personnage82. On retrouve cet élément dans Les Chroniques de Shannara où dans la saison 2, Manu Bennett interprète également le rôle du Roi Sorcier, version mage noir d’Allanon montrant ainsi ce qu’engendre l’utilisation corrompue d’un savoir magique.

Cette évolution de la figure du mage est fortement liée à l’expansion de la fantasy en littérature comme au cinéma et en séries (particulièrement de Game of Thrones qui a figé pour un certain temps l’esthétique guerrière de la fantasy), mais aussi à l’explosion de l’industrie du jeu vidéo et de ses représentations de mages. Une question se pose pourtant : avant la version christianisée de Merlin au xiie siècle, le personnage (Myrrdin chez les Gallois) revêtait un aspect druidique et donc érudit, mais aussi guerrier puisqu’il combattait aux côtés des souverains qu’il servait afin notamment de préserver les traditions bretonnes. La double personnalité du mage – érudite et guerrière – est donc présente dès les origines du personnage et si l’aspect guerrier a été gommé pendant un temps, la forte présence de la fantasy à l’écran n’explique pas entièrement l’importance du savoir guerrier qui apparaît chez le personnage d’Allanon.

Pour terminer, nous souhaiterions proposer un terme peut-être plus approprié à celui de wise old man que nous avons vu en introduction, pour arriver au wise sword man, ce mage/mentor qui dans les séries pour adolescents s’affiche comme un puissant guerrier également capable de transmettre ses connaissances magiques à la jeune héroïne ou au jeune héros en devenir, en valorisant tout à la fois savoir intellectuel et compétences physiques. Plutôt que de rester focalisé sur un guerrier dur à cuireagressif et ou un vieux magicien savant, cette connexion entre un intellect magique et un physique combatif au sein d’un même personnage de mage, peut être perçue comme une évolution positive d’un des archétypes centraux de la fantasy.


Bibliographie

Corpus & œuvres citées

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Sources critiques

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Sitographie

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  4. Derrickson Scott, Doctor Strange, États-Unis, Marvel Studios, 2016, 114 minutes. [↩]
  5. Jones Julian, Michie Jake, Capps Johnny et Murphy Julian, Merlin, Grande-Bretagne, BBC, 2008-2012, 65 épisodes. [↩]
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  8. Whithouse Toby, Being Human : la Confrérie de l’étrange, Royaume-Uni, BBC Three, 2008-2013, 36 épisodes. [↩]
  9. Kitsis Edward et Horowitz Adam, Once upon a time, États-Unis, ABC, 2011-2018, 155 épisodes. [↩]
  10. Barraillier Marie, Les contes adaptés au cinéma et à la télévision entre 2009 et 2019 : vers de nouvelles cibles et de nouveaux genres, Mémoire de Master dirigé par Prevost Christine, Université d’Artois, UFR Lettres et Arts, soutenu en 2021. [↩]
  11. Willingham Bill, Fables, 24 tomes, États-Unis, Vertigo, 2003-2015. [↩]
  12. Sanders Rupert, Blanche-Neige et le Chasseur, États-Unis, Universal Pictures, 2012. [↩]
  13. Tonkard Paul, « The Lion, the Witch and the Multiplex», in Fantasy fiction into film, Jefferson, États-Unis , McFarland & Co, 2007, p.85. [↩]
  14. Gough  Alfred et Millar Miles, Les Chroniques de Shannara, États-Unis, MTV (saison 1) et Spike (saison 2) puis Netflix, 2016-2017, 20 épisodes. [↩]
  15. Hazera Zoé, De Merlin à Dumbledore : la figure du mentor, Mémoire de Master dirigé par Dorso Karine, ESPE Université Bordeaux, soutenu en 2017. [↩]
  16. Propp Vladimir, Morphologie du conte [1928], traduit du russe par Derrida Marguerite, Todorov Tzvetan et Kahn Claude, Paris, Points, 2015. [↩]
  17. Van Gorp Hendrik,  Delabastita Dirk, Legros Georges, Grutman  Rainier, « Topos, topoï », Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, 2005, p. 481. [↩]
  18. Campbell Joseph, Le Héros aux mille et un visages [1977], traduit de l’anglais américain par Levet Muriel,  Paris, Oxus, 2010. [↩]
  19. Wynne Jones Diana, Le Château de Hurle [1986], traduit de l’anglais britannique par Crichton Anne, Paris, Le Pré aux Clercs, 2002. [↩]
  20. Tolkien J.R.R, Le Seigneur des Anneaux [1954-1988], traduit de l’anglais britannique par Ledoux François et Lauzon Daniel, Paris, Christian Bourgeois, 1972-1973. [↩]
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  22. Homère, L’Illiade et l’Odyssée, traduction en prose de Bardollet Louis, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1995. [↩]
  23. Salha Agathe, Le Télémaque, texte fondateur de la littérature de jeunesse en France ?, Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2023. [↩]
  24. Hazera Zoé, De Merlin à Dumbledore : la figure du mentor, Mémoire de Master dirigé par Dorso Karine, ESPE Université Bordeaux, soutenu en 2017, p. 39. [↩]
  25. Campbell Joseph, Le Héros aux mille et un visages, op cit. [↩]
  26. Berthelot Anne, « Merlin, magicien ? », dans Magie et illusion au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 1999, p. 51-64. [↩]
  27. Ibid. [↩] [↩]
  28. Berthelot Anne, op cit. [↩] [↩]
  29. Vuillaume Corinne, Sorciers et sorcières à l’écran, L’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2010, p. 13. [↩]
  30. Vogler Christopher, Le Guide du scénariste, [2007], traduit de l’anglais américain par Atoch Francine et Stevens Kevan, Dixit, 2017, p.68. [↩]
  31. Pullman Philip, À la croisée des mondes, 3 tomes, traduit de l’anglais britannique par Esch Jean, Paris, Gallimard, 1998-2001. [↩]
  32. Weitz Chris, À la croisée des mondes : la boussole d’or, États-Unis, New Line Cinema, 2007, 113 minutes. [↩]
  33. Vogler Christopher, Le Guide du scénariste, op cit, p.67. [↩]
  34. Dumezil Georges. Mythes et Épopées I, II & III, Paris, Gallimard, 1995. [↩]
  35. Pastoureau Michel, Blanc : histoire d’une couleur, Paris, Seuil, 2022. [↩]
  36. Première apparition dans Goscinny René, Astérix le Gaulois, Paris, Dargaud, 1959. [↩]
  37. Première apparition dans Peyo, La flûte à six schtroumpfs, Marcinelle (Belgique), Dupuis, 1958. [↩]
  38. Delaney Joseph, L’Épouvanteur, 20 tomes, Montrouge, Bayard Jeunesse, 2005-2024. [↩]
  39. Greenwood Ed, Elminster, 12 tomes, TSR, Inc. puis Wizards of the Coast, 1994-2016. [↩]
  40. Première apparition dans Lee Stan, Uncanny X-Men #1, Marvel Comics, 1963. [↩]
  41. Première apparition dans Lucas George, Star Wars : l’empire contre-attaque, États-Unis, Lucasfilm Ltd., 1980, 124 minutes. [↩]
  42. Nelson Emma et Walton Ashley, « Merlin as initiation tale – a contemporary fairy-tale manual for adolescent relationships » dans Greenhill Pauline et Terry Rudy Jill, Channeling Wonder: Fairy Tales on Television, Détroit, Wayne State University Press, 2014, p. 46. [↩]
  43. Gautier Alban et Vissière Laurent, Moyen Âge en séries, revue Médiévales, n°78, Vincennes, Presses Universitaires de Vincennes, 2021. [↩]
  44. Hamel Marie, « La Série britannique Merlin, du prophète omniscient au sorcier en formation », dans Fantasy Arthurienne, Fantasy Art and Studies, n°7, 2019, p.79-86. [↩]
  45. Merlin, saison 1, épisode 3, « L’épidémie ». [↩]
  46. Hamel Marie, op. cit. [↩]
  47. Merlin, saison 1, épisode 1, « L’Appel du Dragon ». [↩]
  48. Merlin, saison 1, épisode 6, « Le remède à tous les maux ». [↩]
  49. Merlin, saison 1, épisode 4, « La vengeance de Nimueh ». [↩]
  50. Le Roux Françoise et Guyonvarc’h Christian-J, La société celtique, Clédan-Poher, Éditions Yoran Embanner, 2016, p.71. [↩]
  51. Merlin, saison 2, épisode 1, « La malédiction de Cornélius Sigan ». [↩]
  52. Merlin, saison 2, épisode 13, « L’attaque du Grand Dragon ». [↩]
  53. Source anonyme, BBC Editorial Guidelines, Chap. 3 “Accuracy”, p.17-25, [URL]  https://downloads.bbc.co.uk/guidelines/editorialguidelines/pdfs/bbc-editorial-guidelines-whole-document.pdf, [consulté le 10 septembre 2024]. [↩]
  54. Merlin, saison 1, épisode 6, « Le remède à tous les maux », [8mn32], Merlin : “Science is knowledge.” [↩]
  55. Merlin, Idem, [8mn36], Edwin: “It has the answers to everything.” [↩]
  56. Vogler Christopher, Le Guide du scénariste, op cit, p.69. [↩]
  57. Le personnage du fripon ou du farceur est présent dans de nombreux mythes et contes à travers le monde, le dieu de la mythologique Loki en est actuellement l’exemple le plus connu. Les caractéristiques du farceur ont été théorisées par Paul Radin dans les deux ouvrages suivants : Radin Paul, The Trickster: A Study In American Indian Mythology [1956], 3ème edition, Whitefish (États-Unis), Literary Licensing, 2013 ; Radin Paul et Jung Carl Gustav, Le Fripon divin : un mythe indien [1958], 3ème édition, Suisse, Georg Éditeur, 1997. [↩]
  58. Levi-Strauss Claude, Anthropologie structurale, « chapitre XI », Paris, éditions Plon, 1974, p. 235-265. [↩]
  59. Davis Amy.M, Handsome heroes & vile villains : men in Disney’s feature animation, Arcueil, John Libbey Publishing, 2013. [↩]
  60. Once upon a time, saison 1, épisode 8, « Le Ténébreux ». [↩]
  61. Once upon a time, saison 1, épisode 9, « Le bon fils ». [↩]
  62. Once upon a time, saison 2, episode 14, « Manhattan ». [↩]
  63. Schwabe Claudia, Craving supernatural creatures: German Fairy-Tale Figures in American Pop Culture, Détroit, Wayne State University Press, 2019, p. 275. [↩]
  64. Stromberg Robert, Maléfique, États-Unis, Walt Disney Pictures Company, 2014, 95 minutes. [↩]
  65. Valentino Serena, Disney Villains, 11 tomes, Paris, Disney Press et Hachette Heroes, 2009-2023. [↩]
  66. Brooks Terry, Shannara, 1996-2020. [↩]
  67. Benioff David et Weiss D.D, d’après l’œuvre de Martin George R.R., Game of Thrones, États-Unis, HBO, 2011-2019, 73 épisodes. [↩]
  68. DeKnight S. Steven, Spartacus, États-Unis, Starz, 2010-2013, 39 épisodes. [↩]
  69. Jackson Peter, La Trilogie du Hobbit, d’après l’œuvre de Tolkien J.R.R, États-Unis et Nouvelle-Zélande, Warner Bros. Pictures, New Line Cinema, Metro-Goldwyn-Mayer, WingNut Films, 2012-2014. [↩]
  70. Berlanti Greg, Guggenheim Marc et Kreisberg Andrew, Arrow, Etats-Unis, The CW, 2012-2020, 170 épisodes. [↩]
  71. Les Chroniques de Shannara, saison 1, épisode 1, « L’Élue, 1ère partie ». [↩]
  72. Castlevania, Japon, Konami, 35 jeux sortis, 1986-2014. [↩]
  73. Hirst Michael, Vikings, Canada et Irlande, History, 2013-2020, 89 épisodes. [↩]
  74. Nispel Marcus, Conan le Barbare, Etats-Unis, Lionsgate, 2011, 113 minutes. [↩]
  75. Hérisson Audrey, « Mythologie du guerrier », Inflexions, n°22, 2013, p.69-78, [URL] https://www.cairn.info/revue-inflexions-2013-1-page-69.htm [consulté le 25 janvier 2023]. [↩]
  76. Les Chroniques de Shannara, saison 1, épisode 2, « L’Élue, 2ème partie ». [↩]
  77. Les Chroniques de Shannara, saison 1, épisode 3, « La Furie ». [↩]
  78. Les Chroniques de Shannara, saison 1, épisode 4, « Le Métamorphe ». [↩]
  79. Les Chroniques de Shannara, saison 1, épisode 7, « Course poursuite ». [↩]
  80. Les Chroniques de Shannara, « Le Pays sauvage », S2E9 et « Sang pour sang », S2E10, 2017. [↩]
  81. Potter Amanda, Ancient Epic in Film and Television, Edimbourg, Edinburg University Press, 2023.  En 2015, Andrew B. R. Elliott analysait également le phénomène de l’épique au cinéma en se focalisant particulièrement sur le travail de Ridley Scott (Gladiator, Kingdom of Heaven et Robin des Bois) qui redora l’image de ce que l’auteur appelle « sword-and-sandal films » rappelant sans équivoque le terme sword and sorcery : B.R. Elliott Andrew, The return of Epic Film: genre, aesthetics and History in the 21st Century, Edimbourg, Edinburg University Press, 2015, p. 5. [↩]
  82. Schwabe Claudia, Craving supernatural creatures: German Fairy-Tale Figures in American Pop Culture, op cit, p. 273. [↩]

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
laboimaginr2 (16 mars 2026). Le mage dans les séries fantasy à destination des adolescents : de l’érudit au guerrier. Laboratoire des Imaginaires. Consulté le 9 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15vum


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